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Comment trouver le stock mort d’une chaîne, magasin par magasin

Un rapport de stock à l’échelle de la chaîne fait la moyenne entre les magasins où un produit se vend et celui où il ne s’est pas vendu depuis des mois. Le stock mort est un fait qui concerne un produit dans un magasin, et c’est là que quatre contrôles le trouvent.

À retenir

  • Le stock mort se constate au niveau du magasin. Un produit peut bien se vendre dans la chaîne et rester intact dans un magasin, et un total de chaîne fait disparaître l’écart dans la moyenne.
  • Calculez les jours de couverture par produit et par magasin : le stock disponible divisé par les ventes moyennes par jour des 90 derniers jours. Classez ensuite le stock en mort (aucune vente), lent (se vend, avec des mois ou des années de couverture) et surstock (se vend bien, au-dessus de la cible).
  • Comptez le rayon avant de démarquer quoi que ce soit. Les stocks théoriques des magasins sont souvent faux, et un produit que le système affiche en stock mais que personne ne trouve cesse lui aussi de se vendre.
  • Choisissez l’action selon le type : transférez le stock vers les magasins où il se vend, arrêtez de réapprovisionner les références lentes et en surstock, et ne retournez ou ne démarquez que ce qui est mort partout.
  • Appliquez les mêmes règles aux mêmes magasins une ou deux semaines plus tard. C’est la deuxième liste, pas la première, qui montre si les actions ont fonctionné.

Demandez son stock mort à une chaîne de magasins, et vous obtiendrez en général un seul chiffre pour tout le réseau. Ce n’est pas là qu’il faut chercher. Le même produit peut se vendre tous les jours dans huit magasins et pas du tout dans le neuvième, et un rapport à l’échelle de la chaîne en fait une moyenne qui a l’air saine. Le stock mort est un fait qui concerne un produit dans un magasin.

Les montants en jeu sont considérables. IHL Group, un cabinet d’études spécialisé dans le commerce de détail, estime que les surstocks et les ruptures coûteront aux distributeurs du monde entier environ 1 700 milliards de dollars en 2026, soit 6,2 % de toutes les ventes au détail. Une autre étude récente d’IHL évaluait la part des surstocks dans cette perte à 34,4 %1. Une chaîne peut avoir les deux sur un même produit : trop dans un magasin, pas assez dans le suivant.

Les quatre contrôles ci-dessous trouvent le stock mort magasin par magasin, chacun avec son calcul. Les exemples viennent de Berezka Retail, une chaîne de 20 épiceries fines d’Europe de l’Est en Roumanie dont marql lit les stocks.

Mort, lent ou en surstock : trois problèmes différents

Chacun appelle une action différente, il vaut donc la peine de ne pas confondre les termes :

  • Le stock mort est en stock et ne s’est pas vendu depuis assez longtemps pour que ce silence soit concluant. Attendre ne le réglera pas.
  • Le stock lent se vend, mais si rarement que ce qui est en stock durerait de nombreux mois, voire des années.
  • Le surstock est un produit qui se vend bien, présent en magasin au-delà du niveau cible.

Une démarque écoule le stock mort, mais sur un surstock elle brade de la marge sur des produits qui se seraient vendus de toute façon. Suspendre les réassorts règle le surstock et ne change rien au stock mort. Classez d’abord, agissez ensuite.

Contrôle 1 : les jours de couverture, pour chaque produit dans chaque magasin

Les jours de couverture, c’est le stock disponible divisé par les ventes moyennes par jour. Une fenêtre de ventes de 90 jours convient à la plupart des références : assez longue pour lisser une semaine creuse, assez courte pour refléter ce qui se vend aujourd’hui.

Calculez-les par produit et par magasin, jamais sur le total de la chaîne. Voici un produit dans trois magasins :

Sur les trois magasins120 unités · 2 par jour · 60 jours de couverture

Magasin A40 unitésaucune vente en 90 jours

Stock mort

Magasin B6 unités1,5 par jour

Vide dans 4 jours

Magasin C74 unités1 tous les deux jours

Lent : 148 jours de couverture

Un repère par unité en stock. Les repères qui se vident correspondent à ce que chaque magasin vend dans les quatre prochains jours.

Un seul chiffre de chaîne en bonne santé cache donc trois problèmes différents. A et B réunis sont généralement la correction la moins chère du stock en magasin : transférer des unités d’un magasin où un produit ne se vend pas vers un magasin sur le point d’être en rupture récupère des ventes sans nouvelle commande. La recherche opérationnelle appelle ces mouvements des transbordements latéraux : des transferts entre points de stockage d’un même niveau de la chaîne logistique, en général ceux qui servent les clients. Les clients n’attendent pas que le stock arrive, si bien qu’en distribution le transfert doit précéder la demande2.

Chez Berezka, c’est le premier changement que l’équipe a remarqué. Arseniy Burlakov, directeur de Berezka Romania :

La première amélioration que nous avons constatée avec marql, c’est la rotation entre les magasins, elle s’est vraiment améliorée. Nous savions exactement où envoyer les produits d’un magasin à l’autre.

Bonbons assortis au kilo

31 kg

BrașovConstanța

Lavash, paquets de 10

42 paquets

CosmopolisConstanța

Caviar d’esturgeon noir, 500 g

1 pot

BrașovUnirii, Bucharest
Trois transferts entre magasins sur la liste de Berezka Retail dans marql, le 30 septembre 2026.

Contrôle 2 : comptez le rayon avant de vous fier au stock théorique

Tout ce qui précède suppose que le stock théorique est juste, et ce n’est souvent pas le cas. Une étude de 2026 menée dans une chaîne de supermarchés britannique a confronté près de 140 000 enregistrements de stock, chacun portant sur un produit dans un magasin, à un comptage physique : 64,7 % ne correspondaient pas3.

L’erreur pèse surtout sur les produits qu’un rapport de stock mort signale. Quand des unités sont volées, abîmées ou mal rangées, le système les affiche toujours en stock. Les clients ne peuvent pas acheter ce qui n’est pas en rayon, donc les ventes s’arrêtent. Et comme le système croit le magasin approvisionné, il ne passe jamais de nouvelle commande. Les chercheurs appellent cela le gel des stocks (inventory freezing). Dans la même étude, compter tous les produits d’un magasin et corriger les enregistrements a augmenté les ventes du magasin d’environ 11 % sur les deux mois suivants, et toute la hausse venait de produits pour lesquels le système affichait plus que ce que contenait le rayon3.

Unités en magasin

Jour 1Jour 56

Illustration : une unité disparaît chaque jour et n’est jamais passée en perte.

Un stock théorique sans ventes a donc deux explications : personne ne veut le produit, ou personne ne le trouve. La première, c’est du stock mort. La seconde, une rupture que le rapport ne voit pas, et une démarque n’y change rien. Avant toute démarque, quelqu’un en magasin vérifie le rayon et la réserve. Si les comptages révèlent des manques sur de nombreux produits, c’est un autre chantier : enquêter sur un écart d’inventaire.

Contrôle 3 : écartez le stock nouveau, saisonnier et reconditionné

Un produit arrivé il y a dix jours et pas encore vendu est nouveau, pas mort : vérifiez donc quand une référence est entrée pour la première fois avant d’agir. Pour tout le reste, la fenêtre doit être assez longue pour être concluante. Voici la règle que marql applique à chaque produit dans chaque magasin :

  1. Du stock disponible en magasin

  2. Aucune vente sur les 60 derniers jours

  3. Pas versé en vrac dans un bac sur les 60 derniers jours

  4. Moins de 5 ventes en 90 jours, ou 60 jours ou plus en rayon

  5. Stock mort

    Une étape échoue : se vend encore, ou lent

Un produit qui a vendu quelques unités au début des 90 jours, puis s’est arrêté, compte comme lent tant qu’il n’a pas passé 60 jours en rayon.

Les références saisonnières demandent la même prudence. Le stock d’hiver en septembre n’a pas échoué ; comparez-le aux mêmes semaines de l’an dernier avant d’agir.

Les produits reconditionnés piègent toute règle fondée sur les ventes. Un magasin qui verse un carton de bonbons dans un bac et les vend au poids n’enregistre aucune vente sur le carton de toute sa vie, alors que c’est peut-être le stock le plus actif du magasin. Jugez-le plutôt sur ses mouvements : un carton versé dans les 60 derniers jours bouge.

Contrôle 4 : chiffrez le stock, et ce que coûte sa détention

Valorisez chaque position morte ou lente au coût : les unités en stock multipliées par ce que la chaîne a payé par unité. C’est le capital immobilisé : de l’argent déjà dépensé pour des marchandises qui ne se transforment pas en ventes. C’est le bon chiffre pour classer la liste, mais ce n’est pas ce que coûte le problème.

Le coût de garder du stock, c’est le coût de possession, aussi appelé coût de détention. Le dictionnaire de l’Association for Supply Chain Management le décrit comme un pourcentage annuel de la valeur du stock, composé surtout du coût du capital immobilisé, auquel s’ajoutent taxes, assurance, obsolescence, détérioration et espace occupé. Il situe la fourchette habituelle entre 10 % et 35 % par an, selon le secteur4. Calculez votre propre taux : partez de ce que la chaîne paie sur sa ligne de crédit, ou de ce qu’elle compte gagner sur sa trésorerie disponible, puis ajoutez ces coûts. À 20 % par an :

10 000 €de stock au coût

38 €par semaine pour le garder

après 52 semaines

Ce chiffre hebdomadaire est ce qu’une action doit battre. Ce que la chaîne a payé est dépensé dans tous les cas : ce montant ne doit donc pas fixer le plancher d’une démarque. Le choix se fait entre ce que le stock peut rapporter maintenant et ce que coûte l’attente, et un produit sans vente depuis 90 jours rapporte rarement plus en restant où il est.

Adaptez l’action au type de stock

Une fois la liste classée et comptée, l’action découle le plus souvent du type de stock :

  • Mort dans un magasin, vendu dans d’autres : transférez-le. Laissez environ une semaine de ventes au magasin expéditeur, et ne transférez que si la marge du magasin destinataire sur ces unités couvre le coût du trajet.
  • Lent ou en surstock, mais encore vendu : arrêtez de réapprovisionner jusqu’à ce que la couverture revienne à la cible. Ne démarquez pas un produit qui se vend.
  • Mort partout : demandez d’abord un retour ou un échange au fournisseur, puis essayez une démarque ou un lot avec un produit qui se vend, et déréférencez-le si rien de tout cela ne fonctionne.

La recherche sur les chaînes de mode ajoute une mise en garde. Quand certaines tailles d’un produit sont épuisées, les tailles restantes se vendent moins bien, un effet appelé assortiment cassé. La chaîne turque étudiée par Naderi et ses collègues rapatrie ces restes dans son entrepôt, les regroupe en séries de tailles complètes et les envoie dans des magasins d’usine réservés au déstockage. Dans le modèle de l’étude, une démarque seule servait peu ; combinée à des transferts peu coûteux entre magasins, elle fonctionnait2. Regroupez donc les restes dans moins de magasins, où ils forment une présentation plus complète, avant de baisser le prix.

Le premier passage chez Berezka, le 23 septembre 2026, recensait 792 produits avec plus de 90 jours de stock. Deux d’entre eux immobilisaient presque le même capital et appelaient des réponses opposées :

Vodka premium, 0,7 l

XAOMA Ultrapremium

Flétan fumé à froid

Halibut afumat la rece

La lecture du 23 septembre

Vendu sur les 90 derniers jours
3 bouteilles
227,2 kg
En stock
370 bouteilles
272,6 kg
Jours de couverture
≈ 11 100
108
Part du capital immobilisé
3,1 %
3,0 %
La lecture de marql
Ne se vend presque plus
Se vend encore, avec trop de couverture
Deux lignes de la liste de Berezka Retail du 23 septembre.

À une bouteille par mois, la vodka en stock durerait plus de 30 ans. Suspendre les réassorts convient au flétan et laisserait la vodka exactement où elle est.

Relisez la même liste

La première liste montre où est l’argent ; seule une deuxième lecture montre si quelque chose a bougé. Appliquez les mêmes règles aux mêmes magasins une ou deux semaines plus tard. Chez Berezka, la deuxième lecture, le 1er octobre, comptait 211 produits de moins, et le capital de la liste avait baissé de 8 %.

23 septembre7921er octobre581

Un repère par produit de la liste de Berezka Retail du 23 septembre.

Notez pourquoi chaque produit a quitté la liste : il s’est vendu, il a été transféré, il est retourné au fournisseur, ou un comptage a corrigé l’enregistrement. La décision suivante en dépend.

Testez-vous : cinq décisions au niveau du magasin

Comment marql applique ces contrôles

marql lit les ventes et les stocks dans la caisse et l’ERP de la chaîne et applique les règles ci-dessus à chaque produit dans chaque magasin : jours de couverture sur 90 jours, test de stock mort à 60 jours, qui compte comme mouvement un versement récent de produits reconditionnés, et capital au coût. Les entrepôts sont exclus de l’analyse, parce que leur stock sert tout le réseau.

Il propose des transferts entre magasins quand un magasin détient nettement plus que son maximum et qu’un autre vend le produit et se trouve à son point de commande ou en dessous, laisse au magasin expéditeur au moins une semaine de ventes, et écarte tout transfert dont la marge ne couvrirait pas le coût. Chaque commande et chaque transfert est un brouillon qu’une personne accepte ou rejette. Dans une chaîne qui utilise l’ERP e:corg, une commande ou un transfert accepté entre dans e:corg sous forme de brouillon ; avec d’autres systèmes, il sort de marql sous forme de fichier. L’Impact Ledger mesure ensuite l’effet de chaque action acceptée.

Le playbook sur le surstock déroule un cas de bout en bout, et ce comparatif explique dans quels cas une suite complète de réapprovisionnement convient mieux.

  1. Dabo, M. (2026-08-06). How overstock, stockouts, and returns cost retail $1.75tn. Retail Insight Network, reporting IHL Group research. retail-insight-network.com
  2. Naderi, S., Dasci, A. and Kilic, K. (2025). Joint transshipment, markdown, and clearance decisions at a fast-fashion retailer. International Journal of Production Research, 63(3), 927-948. doi:10.1080/00207543.2024.2365358
  3. Rekik, Y., Oliva, R., Syntetos, A. A. and Glock, C. H. (2026). Inventory Record Inaccuracy in Grocery Retailing: Impact of Promotions and Product Perishability, and Targeted Effect of Audits. Journal of Business Logistics, 47(3), e70079. doi:10.1111/jbl.70079
  4. Gatewood, A. K. and Drake, M. J. (eds.) (2024). ASCM Supply Chain Dictionary, 18th edition, entry "carrying cost", p. 30. Association for Supply Chain Management. PDF

SujetsStock mort, Jours de couverture, Transferts de stock, Chaînes de magasins

Écrit par

Maxim T.

CMO, marql

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Questions fréquentes

Du stock disponible qui ne s’est pas vendu depuis assez longtemps pour que l’absence de ventes soit concluante. La règle de marql : aucune vente en 60 jours, et moins de 5 unités vendues en 90 jours ou au moins 60 jours en rayon. Le stock qui se vend, mais lentement, est du stock lent ; le stock qui se vend bien mais dépasse son niveau cible est du surstock.

Divisez le stock disponible par les ventes moyennes par jour sur une fenêtre récente, en général 90 jours. Calculez-les par produit et par magasin : un chiffre à l’échelle de la chaîne fait la moyenne entre les magasins où le produit se vend et ceux où il ne se vend pas.

Comptez-le d’abord. Les stocks théoriques des magasins sont souvent faux, et un produit que le système affiche en stock mais que personne ne trouve n’affiche, lui non plus, aucune vente. Si le stock est bien là, essayez un transfert vers les magasins où il se vend et un retour fournisseur avant une démarque.

Le coût de possession, aussi appelé coût de détention. Il s’exprime généralement en pourcentage annuel de la valeur du stock : surtout le coût du capital immobilisé, plus taxes, assurance, obsolescence, détérioration et espace. Ce que la chaîne a payé pour le stock est dépensé dans tous les cas et ne doit pas fixer le plancher d’une démarque.

Oui, et c’est le cas le moins cher à corriger. Transférez les unités vers le magasin où le produit se vend, gardez environ une semaine de ventes au magasin expéditeur, et ne transférez que si la marge sur les unités couvre le coût du transfert.

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